• CHAPITRE 14➤

    Irène s'occupait du bois pour le feu, accompagnée du vieux Gaspard. Ces deux-là étaient très proches, même s'ils ne le montraient pas réellement en public, de peur d'être tous deux considérés comme des malpropres. Pourquoi craignaient-t-ils autant le regard des autres survivants ? Probablement car ils étaient issus de famille où ce genre de relation était semblable à un sacrilège aux yeux d'un quelconque Dieu. La jeune femme voyait bien que son camarade n'avait pas la langue bien pendue et engagea donc un début de conversation avec ce dernier.

     

    <<Tu crois que Jason a fait du mal au gamin qu'on a trouvé ?>>

     

    <<Hm. Probablement. Après tout, y parait que le gosse a bouffé son frère.>> Répondit Gaspard.

     

    <<Oui... Pauvre Barry... Je n'ose même pas imaginer ce qu'il a enduré.>>

     

    Plus aucun bruit. Gaspard n'avait aucune idée de quoi répondre. Il n'avait jamais apprécié le frère de cette brute de Jason et pour cause ; ce jeune gaillard avait tendance à s'approcher d'un peu trop près de sa tendre moitié. Certes, nul n'était au courant de la romance entre Irène et lui... mais il se devait de protéger son âme-sœur. Malgré tout, le jeune garçon qu'ils retenaient captif était potentiellement dangereux. Il y avait déjà de grandes chances pour eux de se faire déchiqueter par CES CRÉATURES. Et à présent, ils se trouvaient avec un cannibale sur les bras. Pour Gaspard c'était comme vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué ; c'était stupide et imprudent.

     

    <<Tu pense que Jason va tuer ce petit sauvage ?>> Demanda-t-il.

     

    <<Pourquoi cette question ? Gaspard. Ne me dis pas que...>>

     

    <<Si. Je pense que ce garçon devrait être tué. Le plus tôt possible.>> Trancha le vieil homme d'un air glacial.

     

    Irène n'en croyait pas ses oreilles. Elle voulait se persuader qu'elle avait rêvé ce qu'elle venait d'entendre, que c'était impossible d'écouter une chose aussi horrible venant de son amant. Selon elle, leur prisonnier avait simplement perdu de nombreuses habitudes après le drame qui a causé cette situation difficile qu'ils vivaient tous en ce moment. Laissant de côté sa raison et ses manières, il aurait essayé de survivre le plus longtemps possible. Il n'empêche qu'une seule question à ses yeux restait en suspens ; pourquoi traînait-il avec CETTE chose ? Irène s'estimait heureuse que CETTE fille soit partie sans pour autant être paisible à ce sujet. La jeune femme ne pouvait tout simplement pas comprendre comment ce garçon avait pu vivre avec CETTE bestiole.

    Un bruit. Gaspard attrapa son fusil, frôlant le tour de rein. Irène quant à elle, n'étant pas armée vint se réfugier derrière lui, méfiante. Le feuillage était bousculé. L'herbe piétinée. Ça s'approchait. Le vieillard était prêt à tirer. Une brindille craquée. Puis un coup de feu. La jeune femme hurla, s'éloignant de Gaspard. Une balle avait traversé le crâne de cet homme âgé. Son corps entier tremblait sous le choc. Ses jambes cédèrent sous le poids de son corps. Tout s'effondra. Et Irène ne pouvait que regarder son bien-aimé convulser avant de très vite se figer.

     

    <<Oh mon dieu...>> Fit-elle, horrifiée.

     

    <<Ah... Ce type me rappelle mon grand-père.>> Fit une voix sur un ton las.

     

    <<Ce n'est pas le moment, Am.>> Lança une autre voix, plus dynamique.

     

    Des buissons, un jeune homme et son amie apparurent. Irène reconnut immédiatement le garçon ; Bonnet noir. Hoodie bleu égyptien ouvert, laissant voir un T-shirt plus gris que blanc. Portant un short en jean noir et des rangers dont les chaussettes étaient retroussées par dessus. Si la situation n'était pas celle qu'elle était, la jeune femme ne se serait pas gênée pour lui toucher deux mots vis à vis de son accoutrement, elle qui était si superficielle. La jeune rousse à ses côté était CETTE chose que la jeune femme méprisait tant. Ça portait un pull en col V de couleur lavande et un jean, tous deux déchirés et ensanglantés.

     

    <<Hey. Regarde, Roxane ! On dirait bien l'autre chieuse qui nous avait ligoté !>> S'exclama Am.

     

    <<Oh. On peut dire que nous sommes tombés sur le gros-lot.>> Fredonna Roxane.

     

    Irène le savait. Ces deux-là ne la laisseraient pas en vie. Elle pensait néanmoins que si le garçon avait été seul, elle aurait été capable de l'amadouer pour qu'il épargne sa vie. Ce qu'elle ne savait pas c'est que le résultat aurait été le même si le jeune homme avait été seul. Elle allait mourir.


  • Commentaires

    1
    Mardi 29 Novembre 2016 à 18:55

    trop bien je veut la suiite ! 

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