• C'était en une nuit froide sous un ciel sans étoiles ; la gigantesque forêt se noyait dans l'épaisse brume d'obscurité quand soudainement d'agressifs faisceaux lumineux s'agitèrent dans tous les sens, déchirant les ténèbres de ce labyrinthe conçu par Dame Nature. La tranquillité avait quitté ces lieux pour laisser place à un véritable brouhaha : Une cacophonie causée par nombre de voix et de bruits de pas. Deux fébriles silhouettes fuyaient cette lumière artificielle. Deux ombres essayant d'échapper à ces menaçantes lampes torches.

    De longs cheveux d'un blond vénitien s'entortillaient, pris dans une danse endiablée, rythmée par un vent glacial qui fouettait de ses milles aiguilles le visage à la peau cyanosée de Roxane. Les grands yeux vert pâle de la jeune fille cherchaient désespérément une issue de secours. Un miracle. Mais aucune porte ne voulait bien s'ouvrir ; personne ne leur porterait secours. Redressant sa paire de lunettes rectangulaires sur son nez d'une main maladroite, l'adolescente refusait de perdre espoir ; ils s'en sortiraient.

    Une voix imposante, se distinguant du tumulte de cette chasse à l'homme, brisa la disharmonie qui régnait désormais : C'était un gaillard au timbre grave et au ton autoritaire qui avait, à coup sûr, un caractère bien trempé. Aboyant tel un chef de meute, il encourageait sa troupe à ne pas ralentir. Sa robuste dégaine était sans conteste la première chose que voyaient Am et Roxane, lorsque ces derniers se retournaient. Le piège se refermait dangereusement sur les deux jeunes gens. Néanmoins, abandonner n'était pas une option.

    L'adolescente continuait sa course, serrant fébrilement l'un des épais gants noirs que portait son compagnon de route. "On va s'en sortir" pensait-elle. Le jeune homme n'était pas du même avis que sa camarade : une pénible fatigue commençait insidieusement à se poser sur leurs frêles épaules et la terre boueuse ralentissait inexorablement chacun de leurs pas. Par ailleurs, Am était à bout de souffle ; il n'en pouvait plus. Ses courts cheveux d'une blancheur aussi alarmante que le teint clair de sa peau s'ébouriffaient sous son bonnet noir trempé de sueurs froides. Pourtant, son corps n'abandonnait pas. Il continuait de courir.

    Inspire.

    Expire.

    Inspire.

    Expire.

    À l'intérieur de cette sinistre jungle, chaque arbre se transformait en une affreuse créature aux innombrables bras longiformes, se terminant par des griffes crochues et acérées. La végétation était reine au sein de cet immense sanctuaire dédié à Dame Nature. La faune et la flore de cet endroit vivaient... Notamment LA FAUNE. Grognements. Gargouillis. LES MONSTRES approchaient. ILS arrivaient.

    Continuer tout droit.

    Tourner à gauche.

    Ne pas s'arrêter.

    Tourner à droite.

    La distance s'installait doucement, progressivement ; séparant petit à petit les deux jeunes gens du groupe qui était à leur poursuite. L'ébène de la nuit se mit à sournoisement enlacer Am et Roxane de sa terrifiante étreinte : les quelques rares rayons de lumière restants s'effaçaient. Désormais, tout n'était plus que ténèbres et silence. Silence brisé par le grondement des CRÉATURES. Les chaussures de la jeune fille et celles de son compagnon de route s'enfonçaient lourdement dans le sol glissant et marécageux de ce labyrinthe sauvage.

    La forte sensation de pesanteur qui tiraillait Am et Roxane disparut brusquement, sans crier gare : les deux adolescents chutèrent, glissèrent, roulèrent sans pouvoir stopper cette violente descente... se couvrant de terre et d'autres saletés en tout genre. Ils dégringolèrent jusqu'en bas. Un bruit sourd se fit entendre ; le sac à dos aux allures militaires du jeune homme s'était écrasé un peu plus loin, s'ouvrant sous le choc et dévoilant son contenu.

    Deux petites gourdes, des vivres et quelques babioles s'éparpillèrent par terre dont une petite hache maculée de sang et une vieille poupée de chiffon Boulgom. Après avoir repris ses esprits, Am s'empressa de retirer son sweat à capuche d'un bleu cobalt assez fade pour ramasser chaque objet, le nettoyer et le ranger dans le sac. De manière... obsessive. Très obsessive. "Chut ! Trois, deux, un... Check." bredouillait-il environ trois ou quatre fois en prenant une grosse respiration pour chaque bricole qu'il vérifiait méticuleusement. Roxane, quant à elle, se redressa avec une certaine difficulté, encore un peu sonnée par la chute qu'ils venaient de faire.

    Dame Nature chantait paisiblement à la gloire de cette sombre et longue nuit : Les corbeaux croassaient, les hiboux hululaient... et ÇA gémissait comme des animaux à l'article de la mort. La jeune fille regardait silencieusement autour d'elle avant de hausser les sourcils. Elle avait l'air surprise et pour cause ; ils étaient à la lisière de la forêt et une grande ville depuis longtemps abandonnée se trouvait à quelques kilomètres d'ici.

     

    «Am ! Am ! Viens voir, il y a une ville là-bas ! s'égosilla Roxane, se tournant en direction de son ami qui enfilait son sac à dos avec un manque d'aisance évident.

    —Hm ? Une ville ? fit le jeune homme en fronçant les sourcils. Oh ! Une ville ! Qu'est-ce qu'elle fait ici ?

    —C'est quelque chose qui ne risque pas de bouger, mon cher, lança l'adolescente avec un sourire.

    —Pas faux.» admit Am en lui tournant le dos, plongeant son visage entre ses mains pour cacher sa gêne.

     

    Roxane émit un petit rire, amusée par la réaction exagérée de son compagnon de route. Elle s'approcha lentement, calmement, pour l'entourer de ses bras d'un geste hésitant. Le jeune homme tressailli au contact de sa camarade mais ne dit rien ; se retournant pour lui faire face et lui rendre gauchement son étreinte. Le sourire de Roxane s'élargit et Am détourna le regard. Elle ne pouvait pas le blâmer de se comporter ainsi ; ce n'était pas quelque chose de naturel pour lui et il se retrouvait très vite désemparé face à de telles situations. Elle comprenait parfaitement cela et ne lui en voulait pas du tout. En vérité, elle trouvait même ça "mignon".

    L'adolescente tendit sa main vers le visage arrondi de son ami aux cheveux blancs, pour chasser quelques mèches rebelles qui barraient les prunelles brunes de ce dernier. Am fit les yeux ronds, la dévisageant sans rien dire. Roxane rit de plus belle et lui assura que ses petites remarques innocentes et un peu idiotes étaient adorables. Le jeune homme grimaça avant de retrouver le sourire, déclarant que ce n'était pas idiot : après tout, ce n'était pas tous les jours que l'on trouvait une ville où s'abriter.

    Roxane acquiesça d'un simple signe de tête, toute guillerette et se détacha très vite du garçon au bonnet noir. Elle baissa les yeux et semblait soudain très embarrassée : Elle avait fait preuve de beaucoup d'affection. La surprise du jeune homme en était la preuve. Mais il ne paraissait pas lui en tenir rigueur ; il avait même l'air ravi. Néanmoins sa tête bascula brusquement sur le côté, faisant craquer son cou ; ses poignets et ses autres articulations suivirent. Le geste était inconscient, automatique... compulsif. Bien qu'habituelles, ces stéréotypies étaient exacerbées par le stress. Plus régulières. Am prenait de grandes respirations, répétant quelques mots incompréhensibles à voix basse. Roxane n'eut pas envie de rire parce que ce serait se moquer des tics de son camarade. Elle n'était ni odieuse, ni irrespectueuse ; elle était compatissante. Quand bien même le jeune homme avait apprécié son étreinte, le contact humain restait une source de stress conséquente pour lui. Ce n'était pas sa faute.

     

    «Ça va mieux, Am ? demanda timidement l'adolescente à son compagnon de route, alors qu'il se remettait lentement de ses émotions ; elle s'inquiétait pour lui.

    —O-oui. Oui, ça va mieux. Ne t-t'en f-fais pas.

    —Tu es sûr ? J-je veux dire...

    —T-tout va bien, rétorqua-t-il assez sèchement. J-je vais bien, d'accord ?

    —D'accord...

    —Je... J-je s-suis désolé. C-c'est juste que... P-peu importe.» bégaya le jeune homme à voix basse, faisant lever les yeux de son amie qui fronça les sourcils et le dévisagea d'un air interrogateur.

     

    La jeune fille ne dit rien. Toute son attention concentrée sur Am qui, semble-t-il, n'osait plus la regarder. Un pied devant l'autre, elle avançait vers lui. Un imperceptible sourire se dessina sur le visage de Roxane : elle s'approchait toujours un peu plus. Les secondes semblaient des heures ; cet instant semblait ne pas avoir de fin. Leurs mains s'entrelacèrent finalement, sans que le jeune homme n'oppose une réelle résistance.

     

    «Allons-y.» Dit Roxane, serrant doucement la main de Am dans la sienne.

     

    Les deux jeunes gens quittèrent donc le domaine de Dame Nature, s'engageant au sein d'un tout autre décor : Une interminable route dont ils piétinaient le bitume, entourée d'une herbe jaunâtre qui avait perdu son éclat d'antan. Le soleil se levait paresseusement, éclairant d'une lueur brillante et rosée LES MONSTRES qui erraient mollement. ÇA poussait des grognements et gémissait comme un homme à l'agonie. Main dans la main, Am et Roxane marchaient à pas de loup. LES CRÉATURES ne semblaient pas les voir ; ELLES semblaient même les ignorer.


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  • Les grondements discordants et l'odeur pestilentielle envahissaient, polluaient les narines et les oreilles des deux jeunes gens ; un véritable supplice que de supporter ces êtres malodorants et très peu ragoûtants. La route était indéniablement longue. "Si mon odorat survit à cette horreur, je promets d'abandonner mon agnosticisme !" pensait le jeune homme, refoulant une irrépressible envie de vomir. Roxane, quant à elle, se méfiait de ce calme assourdissant qui régnait en ces lieux désolés.

    LES MACCHABÉES ne leur accordaient aucune attention et pourtant, l'adolescente se sentait menacée par cette insupportable présence. À vrai dire, en observant attentivement ces choses déambuler, on pouvait très facilement comprendre pourquoi Roxane ne se sentait pas très à l'aise : CES CRÉATURES avaient une peau grisâtre qui partait en lambeaux. ÇA arborait un air hagard et un regard éteint, traînant autant les pattes que Am... lorsque C'était pourvu de jambes.

    De courageuses BESTIOLES sans vie, se tenant debout mais tombant en pièces. Certaines semblaient être atteintes de strabisme : Des yeux loin d'être symétriques, suivant des directions diamétralement opposées. "Si seulement ils pouvaient se taire ! J'en ai marre de ces gémissements !" marmonnait grincheusement Am, captant l'attention de sa jeune amie. Elle fronça les sourcils et le dévisagea un instant, avant de se reconcentrer sur LES MONSTRES. C'était doté d'une mâchoire pendante, quand ILS en avaient une. LEUR cavité buccale n'était pas des plus charmantes ; Ça grouillait de pourritures et d'asticots. Les mouches venaient souvent s'y loger impudemment.

    Respire. Garde ton calme.

    Tout va bien. Tout va bien.

    Ne les regarde pas. Ne panique pas.

    Respire. Respire. Respire et reste calme.

    L'astre solaire était maintenant suffisamment haut dans le ciel, éclairant ces terres désolées... ainsi que CES CHOSES aux longues et menaçantes griffes rétractiles. "Heureusement qu'ils ne s'intéressent pas à nous" songeait Roxane, essayant de contrôler fébrilement sa respiration. Am, quant à lui, avait l'air d'être dans la lune. À quoi pouvait-il bien penser ? L'adolescente se le demandait. La lumière de ce soleil matinal redonnait un peu de couleur aux environs et élargissait considérablement le champ de vision des deux compagnons.

    Am et Roxane s'arrêtèrent. Ils levèrent les yeux vers cette gigantesque ville fantôme qui se dressait devant eux. Ville misérable, dans un état lamentable. Ils y entrèrent, sans un mot, sans se précipiter à l'intérieur ; ce n'étaient que des ruines, après tout. Des ruines qui, peut-être, recelaient des vivres et d'autres merveilles. Habitations, gratte-ciel et nombre de géants en béton s'élançaient jusqu'au ciel. C'était beau. C'était triste. C'était surtout désert.

    Un nombre considérable de monstres à quatre roues gisaient, jonchant les rues silencieuses, les crasseux trottoirs ainsi que l'intérieur de certains magasins et de certaines boutiques. Un véritable cimetière dans lequel une multitude de pillards auraient pu sévir. Am et Roxane regardaient pensivement l'environnement au sein duquel ils progressaient. Sans se presser, en se tenant la main et gardant le silence. Un silence que Roxane décida de briser.

     

    «Je... Je n'arrive pas à croire que... C-c'est arrivé t-tellement vite ! murmura la jeune fille en levant les yeux vers son compagnon de route.

    —Oui. Trop vite. B-beaucoup trop vite.

    —Tout le monde est devenu fou, lâcha-t-elle tristement en serrant, d'une main tremblante, la menotte de Am dans la sienne. On vit dans un monde de fous.

    —Et nous ? s'interrogea le garçon au bonnet noir. Tu crois que nous sommes devenus fous ?

    —A-Am ! Comment veux-tu que... que je le sache ?

    —Je... Je ne sais pas.» répondit le jeune homme avant de froncer les sourcils. Un bruit. Un bruit que Roxane entendait, elle aussi : le vrombissement d'un moteur.

     

    Un véhicule approchait rapidement. Un véhicule roulait dans leur direction. En direction de cette nécropole urbaine. Les deux adolescents sursautèrent, bouleversés par cette menace imminente. Ils se réfugièrent à tire-d'aile derrière un vieux pick-up à la carrosserie rouillée. La végétation dévorait lentement le SUT, essayant de reprendre ses droits. Dame Nature avait toujours été indomptable... et silencieuse. Am et Roxane allaient devoir prendre exemple sur elle, s'ils voulaient assurer leur survie.

    Grondement de moteur. Ils s'approchent.

    Le véhicule s'arrête. Ils coupent le moteur.

    Ils ouvrent les portières. Ils sortent du véhicule.

    L'adolescente prit son courage à deux mains et se mit à plat ventre, jetant un coup d’œil sous le bas de caisse du SUT en décomposition ; des blouses blanches ainsi que des uniformes militaires. "Oh non ! On est dans la merde !" se disait la jeune fille en reconnaissant ces individus. Am ne bougeait pas d'un pouce, pétrifié de terreur. Roxane se redressa le plus silencieusement possible et le prit dans ses bras, essayant de le calmer... de le rassurer.

    Le jeune homme serrait anxieusement son sac à dos contre son torse. Sac à dos qu'il avait ôté, d'un geste rapide et maladroit, en se cachant derrière la carcasse de la camionnette. Il tremblait comme une feuille et se balançait légèrement d'avant en arrière. Il était terrorisé : qui ne le serait pas ? Roxane, qui tentait vainement de l'apaiser, ressentait une peur tout aussi aiguë.

    Les blouses blanches regardaient pensivement les environs, protégées par les forces armées. "Rapidité" n'était visiblement pas le mot d'ordre. Un long silence. Un silence pesant régnait en ces lieux, marié au bruit des pieds foulant ce sol sec et aride. Les deux compagnons ne savaient que trop bien ce qui les attendait, si par malheur cette unité militaire venait à les trouver : ils refusaient catégoriquement ce scénario.

     

    «Un peu de nerf, messieurs ! Elles sont forcément...

    —Ils ! C'est "ils" ! Pas "elles" ! trancha coléreusement le jeune homme, se levant avec rage pour leur adresser son majeur, sous le regard effaré de son amie.

    —Bonjour Monsieur Carter, répondit le scientifique en souriant. Toujours aussi facile à berner à ce que je vois. J'imagine que Mademoiselle Idris est avec vous... je me trompe ?

    —Merde.» bougonna-t-il en réalisant son erreur. Am se baissa et s'empressa de plonger une main dans son sac à dos, à la recherche d'un objet qui puisse leur sauver la mise.

     

    Roxane regardait son compagnon mettre son havresac sens dessus dessous, dans l'espoir de les sortir de cette situation quelque peu périlleuse. La jeune fille était nerveuse, jetant un rapide coup d’œil à travers la vitre crasseuse du SUT... puis un autre, tout en vérifiant si son ami avait trouvé quelque chose. Les uniformes militaires et les blouses blanches s'approchaient dangereusement. Les secondes étaient devenues des minutes, et les minutes étaient devenues des heures. Un pistolet de détresse. Am venait de trouver un pistolet de détresse.

    Il s'empressa d'en faire usage. Ses mains tremblantes ne lui facilitèrent pas la tâche. Au contraire. Le jeune homme se redressa, pointant sa pseudo-arme vers ceux à qui l'on aurait pu donner le surnom d'ennuis sur pattes. Un tir. Une fusée éclairante virevoltant jusqu'au véhicule militaire. Du bruit, attirant LES CRÉATURES vers celui-ci et occupant alors l'attention des uniformes, ainsi que celle des blouses. Grognements. Gargouillis. Encerclant les ennemis des deux compagnons, qui n'hésitèrent pas à prendre la poudre d'escampette.

    "Pas de pitié pour ceux qui nous veulent du mal" pensaient-ils, hâtant le pas et s'élançant le plus loin possible. S'éloignant de cette grande ville, ou plutôt de son centre, grouillant de vie et de mort. Une fois à l'abri du grand festival de la survie et du buffet des MACCHABÉES, Roxane et son camarade ralentirent le pas. Reprendre son souffle. Faire partir les points de côté. Et balancer simultanément ses deux bras d'avant en arrière pour Am. L'adolescente qui le regardait pensivement, décida de l'imiter, ce qui fit décrocher un sourire au visage plein d'étonnement du garçon. Après les bras... vinrent les pieds, berçant lentement, l’entièreté du corps.

    Un peu plus tard dans la journée, les deux compagnons trouvèrent refuge dans une vieille maison, poussiéreuse et en ruine, comme le reste de cette ville gigantesque et menaçante. Prudence étant mère de sûreté, comme le dit si bien cette expression, Am et Roxane vérifièrent donc chaque pièce afin de s'assurer que personne n'avait eu la même idée qu'eux. Une fois certitude installée, ce fut au tour des deux jeunes gens de se poser tranquillement pour camper ici, le temps d'une nuit. Le garçon au bonnet noir fourra sa main dans son havresac, sortant de celui-ci quelques paquets de chips aux saveurs étonnement variées : barbecue, paprika, chili et compagnie... Peut-être n'était-ce pas si varié que cela, en fin de compte. Mais qu'importe ? La faim réclamait son dû.


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